Les concepts · Entrée
privatisation du futurn. f.
Processus par lequel la capacité à définir, construire et orienter les futurs collectifs se concentre entre les mains d’un nombre restreint d’acteurs privés. Chez Asma Mhalla, les mégacorps ne contrôlent plus seulement des marchés ou des infrastructures existantes : elles investissent et organisent les conditions matérielles du monde à venir — intelligence artificielle, puissance de calcul, cloud, semi-conducteurs, infrastructures spatiales, énergie, interfaces cognitives. Elles acquièrent ainsi une capacité exceptionnelle à déterminer quelles trajectoires deviennent possibles, désirables ou inévitables. Le futur cesse progressivement d’être un horizon politique ouvert à la délibération collective et devient un espace préempté par des choix industriels, financiers et technologiques déjà engagés. La privatisation du futur désigne cette dépossession politique et, dans les travaux de Mhalla, l’objet même des prochaines conquêtes politiques, à savoir la capacité collective à décider de ce qui peut encore advenir.
Première apparition publique — 28 novembre 2022, Cultures Monde — France Culture · Crise de la Tech : la fuite en avant (1/4) · De Twitter à l’espace : l’hubris d’Elon Musk ↗